La coopération Ehpad-hôpital « s’est avérée vitale » durant la crise sanitaire

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 12.03.2021 par Cécile Rabeux
Article Hospimedia

La FHF met en lumière un enseignement de la crise Covid : le besoin de coopérations accrues entre Ehpad et hôpitaux. Pour Brigitte Bourguignon, la nécessaire sécurisation des Ehpad ne doit pas occulter leur besoin d’ouverture.

La crise sanitaire a mis en exergue le caractère « vital » de la coopération entre Ehpad et hôpital. Diagnostic, soins, prêt de personnel, ces coopérations ont été multiples et ont émergé bien souvent à l’initiative des acteurs de terrain. « Il faut sûrement attendre une confirmation plus officielle« , mais il semble que les Ehpad les plus médicalisés sont « ceux qui ont le mieux résisté » à la pandémie, constate Jean-Louis Touraine, vice-président de la FHF, en clôture de Santexpo Live 2021, le 11 mars. De cette leçon, il faut tirer les conséquences, assure-t-il, et « partout » renforcer « la médicalisation et les coopérations« .

Les « chiffres sont têtus à ce sujet« , concède Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’Autonomie. Le « grand chantier d’investissement » lancé par le Gouvernement va aller dans le sens d’une meilleure sécurisation de ces établissements (lire les articles HOSPIMEDIA ici et ). Mais l’objectif reste aussi celui d’une plus grande ouverture des Ehpad, a rappelé la ministre, sur leur environnement notamment. « Quand une crise sanitaire s’abat, un Ehpad tout seul ne peut pas y faire face« , a confirmé Dominique Libault, président du Haut Conseil pour le financement de la santé publique, à l’occasion d’une autre table ronde. Tout l’enjeu est de « faire en sorte qu’un Ehpad soit un lieu de vie et qu’il travaille avec le reste de la filière gériatrique » pour pouvoir être épaulé en cas de difficulté, a assuré l’auteur du rapport sur la concertation grand âge et autonomie. La crise a en tout cas permis de faire évoluer les coopérations, des pratiques qu’il va désormais falloir consolider.

La loi Grand âge toujours attendue

Lors du salon Santexpo mais également devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 10 mars, Brigitte Bourguignon a été interrogée sur la concrétisation de la loi Grand âge et autonomie. La ministre a ainsi rappelé à ces deux reprises que l’engagement législatif a été réitéré par le Premier ministre. La réforme « est sur les rails, je la finalise activement« , a-t-elle affirmé. Le texte doit être présenté dès que la situation sanitaire le permettra, « je continue de me battre pour [que la loi] soit inscrite dans notre calendrier parlementaire« , a ajouté Brigitte Bourguignon, rappelant que tout ne dépend pas du cadre législatif et que certaines réformes, comme le plan métier, sont déjà lancées. Sur le volet métier, une campagne promotionnelle nationale doit d’ailleurs être lancée en avril afin d’agir sur le manque d’attractivité.

« Sans doute que la pandémie rend les choses plus compliquées mais on voit bien aujourd’hui que les grands arbitrages ne sont pas pris sur la gouvernance du secteur, sur les ressources« , a constaté Marc Bourquin, conseiller stratégie de la FHF. Pourquoi la réforme prend-elle tant de temps ? « Je m’interroge beaucoup sur ce sujet« , a repris Dominique Libault. Si la crise Covid a indéniablement joué un rôle, elle n’est pas la seule raison. « On a l’impression que le sujet des personnes très âgées n’est pas le plus porteur sur le plan politique. » Des réformes sont déjà mises en œuvre, a reconnu Myriam El Khomri, auteur du rapport sur l’attractivité des métiers (lire l’article HOSPIMEDIA). Elle appelle toutefois à ne pas perdre « cette volonté de réforme systémique« . Une vision systémique, c’est également ce que prône Dominique Libault, qui a rappelé le second avantage d’une loi : « avoir une stratégie qui s’inscrit dans la durée. Il faut avoir une continuité, une cohérence, c’est ce que l’on appelle de nos vœux« .

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