Rappel de l’objet
Certains agents sollicitent parfois un avancement d’échelon exceptionnel au cours de leur carrière. Face au silence des textes de la fonction publique hospitalière (FPH), cette progression anticipée est-elle légalement envisageable ? Décryptage des règles statutaires applicables.
Eclairage juridique
❖ Etat du droit antérieur : avancement d’échelon jusqu’en 2016
Jusqu’à cette date, l’avancement d’échelon était fonction à la fois de l’ancienneté et de la valeur professionnelle. Pour chaque échelon, il était prévu une durée maximale et une durée minimale de carrière, l’avancement pouvant être prononcé : à l’ancienneté minimale, intermédiaire ou maximale.
On distinguait ainsi deux modalités :
– L’avancement d’échelon à l’ancienneté maximale (accordé de plein droit une fois le temps maximum dans l’échelon atteint) ;
– L’avancement d’échelon à l’ancienneté réduite (sur demande du fonctionnaire dont la valeur professionnelle le justifie).
C’est cette seconde hypothèse qui correspondait à un avancement anticipé / exceptionnel.
❖ Règles en vigueur : avancement d’échelon depuis 2016
Ce système a été réformé et l’avancement d’échelon se fait désormais, en principe, selon un système de progression dit à cadencement unique : les durées minimale et maximale dans l’échelon ont été supprimées et remplacées par une durée unique d’avancement.
Principe : l’avancement d’échelon est accordé de plein droit, en fonction de la seule ancienneté.
Exception : par dérogation, l’avancement d’échelon peut aussi être prononcé en fonction de la valeur professionnelle, mais seulement (double condition) pour certains corps dont le statut particulier le prévoit et en nombre limité (selon des modalités de contingentement fixées par voie réglementaire).
Cette mesure nécessite donc un décret d’application (non paru à ce jour).
À l’heure actuelle, aucun statut particulier ne prévoit in fine de telle dérogation. L’avancement d’échelon selon la valeur professionnelle n’est donc pas possible pour le moment dans la FPH.
L’autorité investie du pouvoir de nomination (AIPN) se trouve en situation de compétence liée de ce point de vue, sans marge d’appréciation : l’avancement d’échelon est de droit, dès que l’ancienneté requise est atteinte, et seulement à ce stade.


